Le doute est le sel de l’esprit, sans la pointe de doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries.
Emile-Auguste Chartier, dit Alain
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Je pars [...] je reste [...] je reviendrai [...] et sans doute pour ne plus jamais rentrer. Qui sait finalement où j’irai? Moi vous dites? Voyons donc, je ne sais même pas où je suis.
Au point où j’en suis, ce serait de vous mentir que d’écrire ici que ma décision n’est pas encore prise.
J’ai bel et bien fait mon choix. Je rentre à Montréal. D’ailleurs il y a déjà plusieurs années que j’ai fait ce choix. La vraie question était « Quand? » … Et c’est là que vous vous êtes tous trompé … Dans la question.
Voici donc la réponse à la question qui ne m’a pas été posée -> Le plus tôt possible. Ce n’est qu’une question de jours.
Ce n’est pas le choix logique, ni celui de la sagesse mais bien celui du coeur, celui des tripes. René Lévesque l’avait dit: « Nous sommes des Québécois. Cela veut dire que le Québec est le seul coin du monde où nous puissions être pleinement nous-mêmes. »
Oui effectivement, je suis persuadé que l’on peut réellement s’épanouir à l’étranger… Mais pensez-vous sincèrement arriver à être « pleinement » vous-même sans TOUT ce qui fait votre personne?
Personnellement, je sais que je n’y arriverai pas sans ma petite famille, mes vieux amis, ma ville, ma malbouffe… car je suis ce que je suis, un Québécois, un putain de Montréalais, un ti-coune du quartier Villeray.
Pourtant, je ne me souviens même plus à quoi ressemble les quais du métro Jean-Talon, le nom des rues du quartier et leur emplacement deviennent vagues et se perdent dans mes souvenirs… et chaque fois que j’oublie ces petits trucs tout à fait anodins, sans réelles importances… c’est chaque fois un peu de ma culture qui se perd.
Il est alors arrivé le fameux aujourd’hui. Le aujourd’hui où j’aspire à être pleinement moi-même à nouveau. Le aujourd’hui où… Aussi rapidement que je suis arrivé, je m’en retournerai.
Oui, Paris me manquera… Beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer. N’allez surtout pas croire que je n’ai pas douté.