“Entre ; ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilitées qu’on ait des difficultées à communiquer. Mais essayons quand même.”

Bernard Werber

Archives pour la catégorie «Existentialisme»

C’est la vie?

Je ne sais pas par où débuter ce texte…

Je vais simplement vous dire que j’ai du prendre une petite pause car je suis perdu, je suis dévasté par la gravité d’une situation qui me dépasse. Dimanche dernier dans la journée, l’un des meilleurs amis m’annonçait qu’il était atteint d’un cancer et qu’il se ferait opérer ce mardi matin à 9h. Il n’a que 29 ans.

Je peux vous dire que ça été vraiment difficile pour moi… Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant pleuré.

Je peux vous dire que mes priorités vont être à revoir au cours des prochains jours.



Penser.

N’est-il pas très particulier de réaliser par un banal vendredi soir que l’on prend trop peu de temps pour exercer son esprit, pour mettre en oeuvre sa conscience?

Penser, parait-il, peut se révéler un art. Penser, pour ressentir, pour donner son attention aux belles et moins belles choses qui nous entourent, pour se permettre de juger, réfléchir, se souvenir, pour imaginer, pour s’imaginer, pour s’imaginer désirer, avoir des passions et pour espérer ne plus craindre, ne plus douter.

Faut-il vraiment se perdre pour lorsque retrouvé, cet entendement soudain nous permette de comprendre et saisir toute la portée et toute la signification de ce que nous vivons?

Oui… Cela fait du bien… de penser.



Lost in transition.

Tout au court de ma vie, j’ai plus ou moins cru vivre selon mes principes, selon mes envies. Partir vivre en France à 20 ans et revenir 7 années plus tard avec une expérience de vie impressionnante et une confiance professionnelle inébranlable, que demander de mieux pour le jeune « Scorpion » que je suis?

Mais aujourd’hui je réalise que je n’ai plus envie. Je n’ai plus ce type d’énergie. Je n’ai plus envie de jouer au jeune cadre dynamique. Pourtant je m’y obstine.

Vous voudriez sans doute savoir ce que je veux faire? Pourquoi donc? Pour que vous me suggèreriez par la suite de foncer, de travailler fort pour réaliser mes objectifs!? Mais qui ne sait pas déjà tout cela?

Je me souviendrai toujours de cette soirée où un ami a soufflé sur mon chateau de cartes. De cette soirée où un ami m’a détruit en une seule phrase sans même s’en rendre compte. « Tu n’as rien d’un artiste! » m’avait-il lancé.

Comment cela était-il possible? Comment en étais-je arrivé là? Pourquoi étais-je devenu cet être aussi « binaire », pourquoi ma vie était-elle aussi peu ludique. Comment peut-on débuter ses études post-secondaires en Arts et Communication et soudainement se retrouver consultant en informatique dans une banque?

Je ne sais pas.

Peut-être suis-je arrivé à un point dans ma vie où j’aurais bêtement cru que pour être quelqu’un, il fallait « une vraie carrière »? Peut-être me serais-je dit qu’il serait plus respectable de se convertir par la suite vers les Arts que de clamer être un artiste sans ne rien accomplir, jamais, dès le début?

Je ne le sais vraiment plus.

N’allez surtout pas croire que je vais maintenant vous annoncer que je change de vie. N’allez surtout pas croire que dès lors qu’on m’offrira ce nouveau poste de consultant dans cette autre banque que j’oserais même penser à le refuser. Non, je ne suis pas aussi fort que j’aimerais l’être. Je n’ai pas ce courage.

Alors je continuerai à digérer ce mal aux trippes … tant que le courage me manquera.

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La toune du jour.

Je suis dans un taxi, en provenance d’un des lieux où j’aime bien me perdre un peu plus. C’est à ce moment que j’entends ce grand classique de la chanson française.

Le chauffeur s’adresse à moi et me demande si je souhaite changer.

Je reste perplexe, partagé entre le sentiment d’avoir été insulté, comme si le simple fait d’être jeune et basané faisait forcément en sorte que je ne pouvais pas aimer ce type de musique et un sentiment de honte parce que je venais de juger un homme ayant sans doute simplement voulu être poli en m’offrant le choix.

Je lui demande de laisser cette chanson jouer.

En écoutant les paroles, je regarde à l’extérieur du taxi par la fenêtre et c’est alors que je me perds dans mes idées. Comme un moment de triste désillusion à travers toutes ces illusions festives que je m’entête à consommer.

Parce qu’avec le temps…



Cela devra cesser.

Il est fou de constater à quel point nous sommes si différents les uns des autres malgré nos habitudes similaires. De savoir que malgré ces mêmes envies, qu’avec ce même goût des autres, nous n’arrivions à nous rejoindre.Toutes ces femmes, si belles, si sensibles, si voraces, si accessibles et moi pourtant toujours aussi seul. Peu importe avec qui je partage ma couche.

Oh, permettez-moi de dire que j’ose croire être blasé. Non pas d’elles, mais plutôt de ce qu’elles veulent projeter. Prétencieux n’est-ce pas? Je suis blasé d’être cet autre maillon d’une chaîne incessante. Car elles sont souvent pires que moi, souvent pires que nous.

De mon côté, j’ai l’impression d’avoir émoussé mon sens du goût pour la chair par excès. Aurais-je envie d’aimer?

Ou aurais-je à nouveau envie d’aimer ne pas aimer pour ainsi me rendre, par une pratique abusive, insensible et indifférent à ces émotions vives que je tente de vous décrire?

Je ne sais même pas si vous comprenez qu’en fait il est inutile pour moi de tenter aujourd’hui de planter du plaisir là où jadis je le récoltais. Cette terre est maintenant aride. Dépourvue de toute émotivité. Insuffisante à mon bonheur.

Malgré tout, je ne pourrai repousser aucune « d’entre elles » … Tel le fumeur voulant cesser après la « dernière » cigarette qu’il tient à la main.



Histoire d’ex-expat.

Aujourd’hui, je suis passé à la Micro Boutique Apple du centre Eaton, histoire d’acheter quelques bidules. J’ai quelques questions et la personne ayant l’aimabilité de me répondre est française. Jusqu’ici tout va bien.

Je laisse ce dernier répondre à un autre client pendant que je réfléchis à un truc sans rapport. Ce client étant aussi français, une petite conversation d’expatriés s’engagent entre les deux protagonistes. C’est à ce moment bien précis que je me suis perdu dans mes idées.

Je ne suis plus ce québécois vivant à Paris. Oui je l’ai choisi. Mais d’un seul coup j’en ai perdu tout mon exotisme, ce petit quelque chose qui piquait la curiosité de chaque personne que je croisais et qui se surprenait à reconnaître ce « charmant accent. »

En effet, ces petits moments répétitifs où je prenais le temps d’expliquer mon petit parcours ne sont plus que souvenirs. Drôle de sentiment. Triste aspect du retour.



Je vous reviendrai.

Il est difficile pour moi de donner des nouvelles ces temps-ci. Surtout à mes copains se trouvant de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le téléphone est pourtant si près. Juste ici, à mes côtés.

Sans doute simplement parce que je n’ai rien de vraiment spécial à raconter. Je sais que j’écris très peu ces temps-ci. Comme vous pouvez le constater, souvent je ne fais que mettre quelques photos ou une video en ligne.

J’ai rapidement supprimé les seuls textes que j’aurais éventuellement souhaité voir publiés sur ce blog. Comme si je n’étais pas encore prêt.

J’ai encore un peu de difficulté à cerner ce quotidien que je redécouvre. Peut-être me faut-il simplement un peu temps… Encore.



Le Pourquoi du Parce Que?

Il est très difficile d’expliquer aux gens que je rencontre pourquoi je blogue. En général, je leur explique qu’il s’agit d’un exutoire, d’une façon de m’exprimer, de laisser ma trace, que supergab.com est un peu comme un graffiti que je laisse sur un muret. Qui sait qui pourrait jeter un oeil dessus?

Il est encore plus difficile de justifier pourquoi l’on a choisi « Super Gab » comme pseudo et comme nom de domaine pour son site.

Encore là, il faut savoir expliquer que c’est justement parce que je n’ai rien d’un super héro, mais que je vais tout de même tenter de le projeter dans l’Univers.

Super Gab, aussi sans doute parce que je suis paradoxalement tirallé entre mon désir profond et sincère d’être « pieux » et humble et ma nature profonde de personne superficielle et futile que je suis et ne semble pouvoir fuir.

Je l’ai déjà expliqué dans le passé. Super Gab, parce que je ne suis qu’une exagération. Parce qu’il s’agit de mon combat et qu’il se déroule ici même sur ce site…



Pensée du jour.

Retourner en arrière est une aventure aussi périlleuse que de s’élancer vers l’avenir.

Roger Fournier

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Il est difficile de concevoir qu’aujourd’hui que tout est clair dans ma tête concernant mon retour au Québec, les propositions professionnelles intéressantes de mon employeur actuel ne cessent de me parvenir.

J’ai l’impression que notre rapport actuel ressemble un peu à ce rapport qu’a cette femme quittant son homme après avoir beaucoup trop attendu avant de le faire et son homme réalisant par le fait même, mais trop tardivement, qu’elle ne reviendra pas, malgré tout le confort de leurs habitudes et de ce foyer qui n’est déjà plus le sien.

Je le disais, j’ai l’ai encore répété aujourd’hui… Je suis déjà ailleurs et cette fois-ci je ne retournerai pas en arrière…

À défaut de me l’imaginer, j’irai plutôt découvrir ce qu’aurait pu être Gabriel s’il était rentrer vivre au Québec par cet été 2007…



Pensée du jour.

Le doute est le sel de l’esprit, sans la pointe de doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries.

Emile-Auguste Chartier, dit Alain

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Je pars [...] je reste [...] je reviendrai [...] et sans doute pour ne plus jamais rentrer. Qui sait finalement où j’irai? Moi vous dites? Voyons donc, je ne sais même pas où je suis.

Au point où j’en suis, ce serait de vous mentir que d’écrire ici que ma décision n’est pas encore prise.

J’ai bel et bien fait mon choix. Je rentre à Montréal. D’ailleurs il y a déjà plusieurs années que j’ai fait ce choix. La vraie question était « Quand? » … Et c’est là que vous vous êtes tous trompé … Dans la question.

Voici donc la réponse à la question qui ne m’a pas été posée -> Le plus tôt possible. Ce n’est qu’une question de jours.

Ce n’est pas le choix logique, ni celui de la sagesse mais bien celui du coeur, celui des tripes. René Lévesque l’avait dit: « Nous sommes des Québécois. Cela veut dire que le Québec est le seul coin du monde où nous puissions être pleinement nous-mêmes. »

Oui effectivement, je suis persuadé que l’on peut réellement s’épanouir à l’étranger… Mais pensez-vous sincèrement arriver à être « pleinement » vous-même sans TOUT ce qui fait votre personne?

Personnellement, je sais que je n’y arriverai pas sans ma petite famille, mes vieux amis, ma ville, ma malbouffe… car je suis ce que je suis, un Québécois, un putain de Montréalais, un ti-coune du quartier Villeray.

Pourtant, je ne me souviens même plus à quoi ressemble les quais du métro Jean-Talon, le nom des rues du quartier et leur emplacement deviennent vagues et se perdent dans mes souvenirs… et chaque fois que j’oublie ces petits trucs tout à fait anodins, sans réelles importances… c’est chaque fois un peu de ma culture qui se perd.

Il est alors arrivé le fameux aujourd’hui. Le aujourd’hui où j’aspire à être pleinement moi-même à nouveau. Le aujourd’hui où… Aussi rapidement que je suis arrivé, je m’en retournerai.

Oui, Paris me manquera… Beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer. N’allez surtout pas croire que je n’ai pas douté.