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" Entre ; ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilitées qu’on ait des difficultées à communiquer. Mais essayons quand même. "

Bernard Werber

J’ai fait un rêve…

… Dans lequel, il existait un homme heureux. Il avait une femme et de petites jumelles. Tous les instants étaient propices aux baisers, aux calins et aux mots tendres. Il n’avait raison de vivre que pour combler leurs jours. Si seulement j’avais pu ne jamais me réveiller.

L’ouvrier maniant cette machinerie lourde ne sait-il pas qu’au simple son de son engin assassin démarrant ce matin devant mon appartement, il tua tout ce que j’eus aimé? Ne réalise-t-il pas sa responsabilité face à la violence de son action?

Malgré tout, ce soir je fermerai les yeux… J’irai border mes filles après avoir enfiler le t-shirt qu’elles aiment tant me voir porter pour ensuite aller rejoindre ma femme qui m’attend… Je lui ferai l’amour et comme d’habitude, elle s’endormira sur mon épaule et je fermerai les yeux… Pour rêver d’eux… Et espérer ne jamais me réveiller.

Fermez les yeux et écoutez-moi.

Êtes-vous de ceux avec une grande imagination? Êtes-vous du genre à écouter une personne parler et partir dans vos pensées, emprunter l’une des dizaines de petites routes se présentant à vous à la seconde et pour lesquelles la seule destination finale possible ne pourrait être que … “Est-ce que tu m’écoutes?”

Je crois être pire que vous! Non pas que je crois avoir plus ou moins d’imagination. C’est simplement que des fois, le corps suit l’imagination et emprunte à son tour le dit chemin.

Lorsque j’étais plus jeune ce phénomène se traduisait souvent par une partie de baseball ou de hockey à seulement un ou deux joueurs (moi et l’autre que j’apperçevais dans le mirroir en face!) dans les endroits les plus inusités, mais surtout les plus inadéquats.

Plus tard en vieillissant je pratiquais de long discours frénétiques et passionnés d’une tribune imaginaire pour mener le Québec vers la souverainté et ainsi le libérer du tiran anglosaxon pour finalement prendre une balle en plein coeur pour qu’ainsi “Tout soit accompli!”

Mais la séance d’hier soir fut assez intense …

Nous étions en pleine nuit, j’étais surpris, je croyais rêver. Cela faisait maintenant déjà plusieurs années que je n’avais pas entendu mon vrai nom. Cela me rappela à quel point j’avais détesté ce faux nom volé à un mort et que l’on m’avait sèchement attribué à la fin de ma “formation” en juin 2000.

Je le trouvais ce nom “trop Québécois” pour le métis que je suis, à la limite même, trop féminin, surtout pour l’agent secret que je suis. Aujourd’hui, je sais que ce choix était plus que judicieux. Après tout, qui m’aurait donné un tel faux nom, Gabriel Labelle?

J’avais donc maintenant un nouvel ordre de mission. Chose étonnante, j’allais maintenant devoir brûler ma couverture, ce qui allait m’offrir l’ultime plaisir de démontrer à toutes ces personnes avec lesquelles je “bossais” au quotidien, avec qui j’allais prendre des coups en soirées et même à ces femmes avec lesquelles je partageais ma couche que je ne faisais pas parti de leur monde. Ces citoyens allaient constater que j’étais un soldat!

J’allais donc prendre mon sac, y mettre mon SIG P228 9mm et partir loin. Je fermais les yeux et subitement j’étais parti.

Au réveil, je regardais l’heure sur mon téléphone portable pour me rendre à la triste conclusion que j’allais me faire botter les fesses par le client si j’arrivais encore en retard ce matin, merde!